D’ici le 31 décembre 2026, des dizaines de milliers de places de stationnement vont disparaître dans toutes les villes françaises. La loi d’orientation des mobilités (LOM) impose la suppression de tous les emplacements situés à moins de 5 mètres en amont des passages piétons. Pour les gestionnaires de parking et les opérateurs, cette transformation réglementaire représente à la fois un défi logistique majeur et une opportunité stratégique de repositionnement. Décryptage complet de cette mesure, de son impact chiffré et des solutions pour anticiper cette mutation.

📋 Sommaire de l’article

Passage piéton urbain en France avec zone de 5 mètres dégagée en amont conforme à la loi LOM 2026 - Parking Actus
D’ici fin 2026, toutes les places de stationnement situées à moins de 5 mètres en amont des passages piétons devront être supprimées pour améliorer la visibilité et la sécurité des piétons.

🎯 Points clés à retenir

  • Échéance : 31 décembre 2026 pour toutes les communes de France
  • Distance : 5 mètres en amont de chaque passage piéton
  • Impact national : Des dizaines de milliers de places concernées
  • Texte de référence : Article L.118-5-1 du Code de la voirie routière
  • Amende : 135€ pour stationnement très gênant + mise en fourrière possible

Contexte et cadre légal : comprendre la loi LOM

La loi d’orientation des mobilités (LOM), promulguée le 24 décembre 2019, constitue le socle juridique de cette transformation majeure du paysage urbain français. Son article 52 a introduit une règle claire et non négociable : l’interdiction d’aménager des emplacements de stationnement motorisé sur la chaussée dans une zone de 5 mètres en amont des passages piétons.

Cette disposition est désormais codifiée à l’article L.118-5-1 du Code de la voirie routière, qui stipule précisément :

« Afin d’assurer la sécurité des cheminements des piétons en établissant une meilleure visibilité mutuelle entre ces derniers et les véhicules circulant sur la chaussée, aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée cinq mètres en amont des passages piétons, sauf si cet emplacement est réservé aux cycles et cycles à pédalage assisté ou aux engins de déplacement personnel. »

Origine de la mesure : le CISR 2018

Cette obligation trouve son origine dans le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 9 janvier 2018. Face au constat alarmant du nombre de piétons tués sur les routes françaises, le gouvernement a décidé d’agir sur l’un des facteurs de risque les plus identifiés : le défaut de visibilité aux abords des passages piétons.

Les véhicules stationnés juste avant un passage clouté créent un angle mort dangereux qui empêche :

Champ d’application : qui est concerné ?

La mesure s’applique à toutes les communes de France, quelle que soit leur taille. Contrairement à d’autres réglementations qui ne concernent que les grandes agglomérations, cette obligation est universelle. Sont concernés :

Cette réglementation s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation de la mobilité urbaine. Pour comprendre l’ensemble des évolutions qui impactent le secteur du stationnement, consultez notre article sur le fonctionnement du parking payant et les nouvelles règles qui s’appliquent aux gestionnaires.

Impact chiffré : combien de places supprimées par ville ?

L’ampleur de cette mesure est considérable. Les estimations réalisées par les différentes métropoles françaises révèlent un impact massif sur l’offre de stationnement en voirie. Voici les chiffres clés communiqués par les principales agglomérations :

Vue aérienne ville française places stationnement à supprimer passages piétons 2026 impact urbain - Parking Actus
Visualisation de l’ampleur des suppressions de places de stationnement dans les grandes villes françaises d’ici fin 2026.

Ville / Métropole Places à supprimer % du parc total Échéance
Paris 7 000 ~5% 31/12/2026
Métropole de Lille 4 500 ~6% 31/12/2026
Lyon 3 300 ~5% 31/12/2026
Amiens 3 325 ~7% 31/12/2026
Bordeaux 1 000 ~4% 31/12/2026

Méthodologie de calcul

Pour estimer le nombre de places concernées dans votre commune, la formule est relativement simple : chaque passage piéton entraîne potentiellement la suppression d’une à deux places de stationnement en amont (côté droit de la chaussée dans le sens de circulation). Dans les rues à double sens avec stationnement bilatéral, l’impact est doublé.

La distance de 5 mètres correspond approximativement à la longueur d’un véhicule standard. Cette distance permet d’améliorer significativement la visibilité : à une vitesse de 50 km/h, elle offre un gain de visibilité d’environ 1,60 mètre par rapport au bord de chaussée.

📊 Le saviez-vous ?

En 2024, 456 piétons ont perdu la vie sur les routes françaises, représentant 14% de la mortalité routière. 70% de ces accidents se sont produits en agglomération, et 29% directement sur ou à proximité immédiate d’un passage piéton.

Sécurité des piétons : pourquoi cette mesure est cruciale

La suppression des places de stationnement en amont des passages piétons répond à un enjeu de sécurité routière majeur. Les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) sont sans appel : les automobilistes sont à l’origine de 57% des accidents mortels impliquant des piétons.

Schéma comparatif avant après suppression stationnement passage piéton loi LOM visibilité piétons - Parking Actus
Comparaison visuelle : à gauche, la situation dangereuse avec angle mort ; à droite, la configuration sécurisée conforme à la loi LOM.

Le problème de l’angle mort

Lorsqu’un véhicule est stationné juste avant un passage piéton, il crée un masque visuel qui rend la traversée dangereuse pour plusieurs raisons :

Gain de visibilité quantifié

Les études techniques menées par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) démontrent que la suppression du stationnement dans les 5 mètres en amont améliore la visibilité de manière significative :

Cette mesure s’inscrit dans une approche globale de la sécurité sur les parkings et voiries. Pour approfondir les règles de circulation et de priorité dans les espaces de stationnement, notre article sur la priorité sur un parking détaille l’ensemble des règles à connaître.

Comparaison européenne

La France rejoint ainsi les standards européens les plus exigeants. Plusieurs pays imposent déjà des distances encore plus importantes :

Calendrier et échéances : les dates clés à retenir

La mise en conformité avec cette obligation suit un calendrier progressif, mais l’échéance finale est non négociable. Voici les dates clés que tout gestionnaire de voirie et opérateur de stationnement doit avoir en tête :

24 décembre 2019 – Promulgation de la loi LOM

Adoption de l’article 52 interdisant l’aménagement de nouvelles places à moins de 5 m des passages piétons.

1er janvier 2020 – Entrée en vigueur progressive

Interdiction applicable lors de tout nouveau travail d’aménagement, réhabilitation ou réfection de chaussée.

Novembre 2025 – Nous sommes ici

13 mois restants pour la mise en conformité complète. Les communes accélèrent leurs travaux.

31 décembre 2026 – Date limite impérative

Toutes les places de stationnement non conformes doivent avoir été supprimées ou reconverties.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

L’obligation s’applique de deux manières distinctes :

  1. Application immédiate (depuis 2020) : lors de tout travaux d’aménagement, de réhabilitation ou de réfection des chaussées, les gestionnaires de voirie ne peuvent plus créer ou maintenir de places de stationnement dans la zone des 5 mètres.
  2. Application générale (d’ici 2026) : même en l’absence de travaux prévus, toutes les places existantes non conformes devront être supprimées au plus tard le 31 décembre 2026.

Sanctions et risques pour les automobilistes

Les automobilistes qui stationnent dans la zone des 5 mètres en amont d’un passage piéton s’exposent à des sanctions significatives. Cette infraction est qualifiée de stationnement très gênant, une catégorie qui entraîne des conséquences plus lourdes qu’un simple stationnement gênant.

⚠️ Sanctions applicables

  • Amende forfaitaire : 135€ (contravention de 4ème classe)
  • Amende minorée : 90€ (si paiement dans les 15 jours)
  • Amende majorée : 375€ (en cas de non-paiement)
  • Mise en fourrière : possible sans délai, avec frais supplémentaires (environ 150€ d’enlèvement + frais de garde)

Différence avec le stationnement gênant classique

Le stationnement très gênant se distingue du stationnement gênant simple par la gravité des conséquences potentielles. Il concerne les situations où le véhicule mal garé met directement en danger d’autres usagers de la route, notamment les piétons.

Parmi les autres situations qualifiées de stationnement très gênant :

En cas d’accident impliquant un piéton dans une zone où un véhicule était stationné de manière non conforme, la responsabilité du propriétaire du véhicule stationné pourrait être engagée. Pour mieux comprendre les mécanismes de responsabilité dans les situations d’accident, consultez notre guide complet sur la responsabilité dans un accident de parking.

Solutions de reconversion des espaces libérés

La suppression des places de stationnement motorisé en amont des passages piétons libère des espaces qui peuvent être valorisés autrement. Loin d’être une simple contrainte, cette transformation offre des opportunités d’amélioration de l’espace public.

Stationnement vélos et mobilités douces

La loi LOM prévoit explicitement que ces espaces peuvent être réservés aux cycles, vélos à assistance électrique et engins de déplacement personnel. Cette reconversion présente plusieurs avantages :

Végétalisation et aménagements paysagers

Les communes peuvent également opter pour la végétalisation de ces espaces. Cette approche répond aux objectifs de lutte contre les îlots de chaleur urbains et d’amélioration du cadre de vie :

Attention toutefois : les aménagements végétaux doivent respecter des règles strictes pour ne pas créer de nouveaux obstacles à la visibilité. La hauteur des plantations est généralement limitée à 50-60 cm maximum.

💰 Estimation des coûts d’aménagement

  • Arceaux vélos : 150€ à 500€ par arceau (2 vélos)
  • Marquage au sol seul : 50€ à 100€ par emplacement
  • Aménagement paysager simple : 1 500€ à 3 000€ par emplacement
  • Aménagement complet avec arbre : 5 000€ à 7 000€ par emplacement

Autres usages possibles

Opportunités pour les gestionnaires de parkings

Si la suppression de milliers de places en voirie peut sembler uniquement contraignante, elle représente en réalité une opportunité stratégique majeure pour les opérateurs de parkings en ouvrage et les gestionnaires d’infrastructures de stationnement.

Report de la demande vers les parkings en ouvrage

La réduction de l’offre de stationnement en surface va mécaniquement augmenter la demande pour les parkings souterrains, en silo et en ouvrage. Cette évolution présente plusieurs avantages pour les gestionnaires :

Pour optimiser cette opportunité, les gestionnaires doivent anticiper et moderniser leurs infrastructures. Notre guide sur les bornes de recharge obligatoires dans les parkings en 2025 détaille les obligations et opportunités liées à l’électromobilité.

Développement du téléjalonnement et du guidage dynamique

La raréfaction des places en surface renforce l’intérêt des systèmes de guidage vers les parkings. Les technologies de téléjalonnement permettent d’informer en temps réel les automobilistes sur la disponibilité des places :

L’intelligence artificielle révolutionne également la gestion des parkings. Découvrez comment dans notre article dédié : IA et Parking : comment l’intelligence artificielle révolutionne le stationnement.

Synergies avec les autres obligations réglementaires

Cette transformation s’inscrit dans un contexte réglementaire plus large que les gestionnaires avisés peuvent exploiter :

Réglementation Obligation Échéance
Loi LOM – Passages piétons Suppression places à 5m des passages piétons 31/12/2026
Loi LOM – Bornes IRVE Équipement parkings +20 places en bornes de recharge 01/01/2025 ✅
Loi APER – Ombrières PV Ombrières photovoltaïques parkings +1500 m² 2026-2028
Tarification SUV Tarifs majorés véhicules lourds (Paris, Lyon…) En vigueur

Les parkings en ouvrage ne sont pas concernés par la suppression des places près des passages piétons, mais ils doivent répondre aux autres obligations. Cette complémentarité crée une opportunité de différenciation : un parking moderne, équipé de bornes de recharge, proposant un guidage intelligent, devient un atout majeur face à la raréfaction du stationnement en surface.

💡 Conseil stratégique pour les opérateurs

Anticipez dès maintenant en développant des partenariats avec les collectivités pour intégrer vos parkings dans les systèmes de téléjalonnement municipaux. La visibilité de votre offre sera un facteur clé de succès dans un contexte de rareté du stationnement en voirie.

📚 Pour aller plus loin : ressources officielles

Pour approfondir le sujet de la neutralisation du stationnement en amont des passages piétons, consultez :

Questions fréquentes sur la suppression des places de stationnement

Quelle est la date limite pour supprimer les places de stationnement près des passages piétons ?

Toutes les communes françaises ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour supprimer les places de stationnement motorisé situées à moins de 5 mètres en amont des passages piétons. Cette obligation découle de l’article 52 de la loi LOM du 24 décembre 2019, codifié à l’article L.118-5-1 du Code de la voirie routière.

Les motos et scooters peuvent-ils stationner dans la zone des 5 mètres ?

Non. L’interdiction concerne tous les véhicules motorisés, y compris les motos, scooters et cyclomoteurs. Seuls les vélos, vélos à assistance électrique (VAE) et engins de déplacement personnel (trottinettes électriques) peuvent stationner dans cette zone si des emplacements y sont aménagés.

Quelle amende risque-t-on pour stationnement non conforme ?

Le stationnement dans la zone des 5 mètres en amont d’un passage piéton est qualifié de stationnement très gênant, passible d’une amende forfaitaire de 135€ (90€ si paiement dans les 15 jours, 375€ en cas de majoration). Le véhicule peut également être mis en fourrière immédiatement, entraînant des frais supplémentaires d’environ 150€ pour l’enlèvement plus les frais de garde journaliers.

L’interdiction s’applique-t-elle en aval du passage piéton ?

Non. L’interdiction ne concerne que l’amont du passage piéton, c’est-à-dire l’espace situé avant le passage dans le sens de circulation des véhicules. L’aval (après le passage piéton) n’est pas concerné par cette mesure spécifique, bien que d’autres règles de stationnement puissent s’appliquer.

Combien de places seront supprimées à Paris ?

La ville de Paris estime qu’environ 7 000 places de stationnement en voirie devront être supprimées d’ici fin 2026 pour se conformer à la loi LOM. Ce chiffre représente environ 5% du parc total de stationnement en surface de la capitale. D’autres grandes villes sont également fortement impactées : 4 500 places dans la métropole lilloise, 3 300 à Lyon, 3 325 à Amiens.

Que vont devenir les espaces libérés ?

Les espaces libérés peuvent être reconvertis de plusieurs façons : stationnement vélos (arceaux, abris vélos), végétalisation (jardinières, micro-espaces verts), élargissement des trottoirs, installation de mobilier urbain, ou simplement neutralisation sans aménagement particulier. La reconversion en stationnement vélos est explicitement prévue par la loi.

Cette mesure existe-t-elle dans d’autres pays européens ?

Oui, plusieurs pays européens appliquent des règles similaires voire plus strictes. L’Allemagne impose également une distance de 5 mètres. Les Pays-Bas et la Suède peuvent imposer jusqu’à 10 mètres dans certaines zones urbaines denses. Le Royaume-Uni recommande 10 mètres mais cette distance n’est pas contraignante légalement.

🎯 Ce qu’il faut retenir

La suppression des places de stationnement à moins de 5 mètres des passages piétons représente une transformation majeure du paysage urbain français. Pour les gestionnaires de parking et les opérateurs de stationnement, cette évolution ouvre des opportunités stratégiques : augmentation de la demande pour les parkings en ouvrage, développement des services connectés et valorisation des infrastructures modernes.

L’échéance du 31 décembre 2026 approche rapidement. Les professionnels du secteur qui anticipent cette mutation et adaptent leur offre dès aujourd’hui seront les mieux positionnés pour capter la demande croissante de solutions de stationnement alternatives.

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Sources et références :

  • Loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités (LOM)
  • Article L.118-5-1 du Code de la voirie routière
  • Cerema – Fiche PAMA n°10 : Neutralisation du stationnement motorisé en amont des passages piétons
  • Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) – Bilan 2024
  • Données municipales : Mairies de Paris, Lyon, Amiens, Lille, Bordeaux

Article rédigé par l’équipe Parking Actus – Votre référence en actualité et innovation du stationnement. Dernière mise à jour : novembre 2025.

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